Indicateurs évoluant à pas de tortue, mauvaise gestion des politiques et d’entreprises publiques, confusion entre postes politiques et techniques, instabilité institutionnelle, la situation socio-économique du moment est de mauvais augure quant à l’issue de la vision du Burundi. L’Observatoire de lutte contre la corruption et les malversations économiques lance un cri d’alarme
L’Observatoire de lutte contre la corruption et les malversations économiques anime une conférence de presse jeudi le 22 janvier 2026, la veuille du congrès du parti CNDD-FDD à Gitega.
S’exprimant sur la situation actuelle à l’entrée en 2026, l’Olucome constate. « le coût de la vie en hausse alarmante comparativement aux revenus des fonctionnaires, augmentation incessant des prix de produits de première nécessité dont le carburant et les denrées alimentaires en plus de leur rareté, le pouvoir d’achat en chute libre, la classe libre est presqu’actuellement inexistante », indique Gabriel Rufyiri, président de l’observatoire de lutte contre la corruption et les malversations économiques
Alors que se chante la vision d’un avenir radieux du Burundi, le Président de l’Olucome fait état d’un recul visible au niveau d’indicateur. Selon lui, l’Institut National des Statistiques du Burundi révèle une baisse notoire du PIB passant de 353.7 USD en 2021 à 245.8 USD en 2025, l’inflation est passée de 18.9 % en 2022 contre 26.1 % en 2025 tandis que un dollar américain est passé de 2066F en 2022 à 2957F en 2025 sur marché officiel contre 6500 F sur le marché parallèle
Des mesures administratives mais sans effet
Malgré des efforts du gouvernement de fixation des barèmes des prix pour contrer l’inflation, l’Observatoire de lutte contre la corruption et les malversations économiques déplore des mesures gouvernementales prises sans écho. « Les prix des produits faisant le panier du manage n’a pas été appliquée malgré l’ordonnance ministérielle y relative », souligne Gabriel Rufyiri, Président de l’Olucome, précisant que même la mesure d’autoriser l’importation du maïs, du sucre et du ciment n’a influé sur la disponibilité des produits que sur les prix de ces produits.
Dans la mesure où l’existence de deux marchés parallèles de change dure plus de cinq ans et accélère sensiblement l’inflation, l’Olucome appelle à la prise des mesures tangibles de régulation. « Il faut que le peu de devises de la Banque de la République Burundi soit partagé équitablement par les demandeurs et il faut explorer toutes les sources d’obtention des devises pour renflouer la caisse de l’Etat et ainsi contribuer à la dépréciation de la monnaie burundaise », propose Gabriel Rufyiri, Président de l’Olucome,
Pourquoi des politiques sans suivi-évaluation ?
Avec un manque d’études crédibles préalables et données statistiques fiables, détournements de fond publics ; absence de planification rigoureuse et de suivi-évaluation, ressources publiques allouées sans priorisation claire ni alignement sur les objectifs stratégiques de la vision 2040-2060, des projets souffrant des retards ou d’exécution incomplète due à la corruption et au manque de transparence, la gestion des politiques et entreprises publiques vacille entre naissance et chute.
S’appuyant sur la politique de plantation des plants fruitiers, Gabriel Rufyiri pointe du doigt les politiques verbales des hautes autorités sans aucune planification écrite de ces politiques. « Bien qu’il fût une bonne politique qui contribuerait dans la lutte contre la malnutrition, dans la protection de l’environnement et qui aurait procuré des devises au pays, cette politique a englouti des milliards de francs burundais mais sans impact positif sur le développement économique surtout qu’il n’existe aucune trace de l’évaluation de cette politique », a-t-il précisé.
De plus, l’OLUCOME estime que les entreprises publiques burundaises évoluent dans un contexte de mauvaise gouvernance marqué par un manque de transparence, une politisation excessive et une faible culture de performance. « Des pertes financières chroniques, des dettes accumulées permanemment, la faillite pour certaines entreprises, une mauvaise gestion des ressources humaines avec népotisme, clientélisme et manque de professionnalisme, absence de reddition des comptes et mécanismes de contrôle efficace, nomination partisanes à la tête des entreprises sans tenir compte des compétences techniques et managériales, de tels maux phagocytent ces institutions » avertit Gabriel Rufyiri, Président de l’Olucome.
Les préalables dans l’atteinte des objectifs de la vision 2040-2060
Alors que le Burundi s’est doté d’une vision Burundi, pays émergent en 2040 et pays développé en 2060 et plus particulièrement la stratégie nationale de lutte contre la corruption 3è génération avec son plan opérationnel et un mécanisme de suivi-évaluation, comme première préalable, l’Olucome appelle le gouvernement burundais à instaurer un programme de cohésion sociale. « Un pays ne peut en aucun cas être développé aussi longtemps que plus de 200.000 refugiés sont à l’étranger tandis qu’ils constituent une insécurité pour le pays d’origine d’un côté et un capital humain dont la production n’est pas comptabilisée au Burundi de l’autre», souligne Gabriel Rufyiri, président de l’Olucome. Ce dernier appelle à désengorger les maisons carcérales saturées et à rompre définitivement avec la mauvaise habitude de vouloir toujours démolir les œuvres de ses prédécesseurs.
En plus, Gabriel Rufyiri appelle le gouvernement Burundais à chercher un mécanisme de détraumatisation considérant qu’une crise sociopolitique s’empare du Burundi chaque décennie, laissant des séquelles seule la thérapie appropriée des experts de ce domaine peut aider à couper court le cordon de la transmission transgénérationnelle du passé douloureux du Burundi.
Alors que la vision 2040-2060, met en avant les secteurs agricoles et miniers, le manque de moyens financiers et humains met à mal l’avancement du développement. « injecter des moyens financiers, matériels et humains qualifiés et suffisants de façon à avoir une agriculture mécanisée et l’industrie minière prospère pour vite conduire au développement », indique Gabriel Rufyiri, président de l’Olucome.
Considérant les réformes d’un expert étranger ayant conduit à faire l’Office Burundais des Recettes d’une institution produisant de 400 milliards avant la réforme jusqu’à 1500 milliards en une année et à plus de 2000 milliards, Gabriel Rufyiri appelle le gouvernement à accorder aux experts des contrats de performance sur 5 ans avec un mécanisme de suivi-évaluation annuel dont leur mission inclue la formation des fonctionnaires d’Etat pour les remplacer à la fin de leur mission.
JULDAS NDUWAYEZU, journaliste
