Précédée par plusieurs visions et plans de développement échoués, la vision 2040-2060 interroge quant à sa réussite. Le Directeur national du PARCEM (Parole en action pour le Réveil des Consciences et l’Évolution des Mentalités) appelle à muser sur les préalables au démarrage de la vision.
Quelques mois après le nouveau découpage administratif et la désignation de la commune comme entité de base du développement, la PARCEM organise in atelier d’échange et de sensibilisation sur la nécessité de la stratégie de développement local, jeudi le 25 Septembre 2025 en Province Bujumbura.
Alors que le nouveau découpage place la commune au centre du développement de la vision, le Consultant de l’Université du Burundi Siméon Barumwete en matière de la décentralisation appelle aux burundais de rectifier le tir. « Que le slogan soit aujourd’hui une commune émergente en 2040 et une commune développé en 2060 à l’ère où la commune est la base du développement local au Burundi », déclare le consultant.
S’attardant sur le document de la vision, le politologue siméon Barumwete apprécie le contenu mais perplexe sur les ressourcés humaines. « Où sont des gens intègres et plus praticiens pour opérationnaliser les objectifs de la vision du Burundi pays émergent en 2040 et pays développé en 2060 », demande le consultant. Présentant les critères, Siméon Barumwete précise que des gens valeurs d’intégrité, transparence, redevabilité, équité, participation citoyenne, solidarité et autre manquent considérablement au Burundi.
Siméon Barumwete, consultant à l’Université du Burundi appelle à l’appropriation de la vision par les administratifs locaux. « Que tous les administrateurs, chefs des zones et des collines réunissent tous les partenaires de développement locaux pour tracer une vision de leur part et cherche les partenaires économiques aux moyens matériels, techniques et financiers », exhorte le consultant désignant des commerçants, des ouvriers, des enseignants, des fonctionnaires des toutes catégories, des acteurs du secteur financier et de la société civile et des membres de la diaspora d’une colline, d’une zone et d’un commune.
Une vision fragile juste au bouton de démarrage
La société civile appelle à bien organiser les choses à tel point que le citoyen soit accède aux avantages d’une telle réforme. « Que les services de l’ancienne commune soient transférés dans nouvelles zones et que la commune devienne le centre du développement local », indique Faustin Ndikumana Directeur national du Parcem.
L’activiste de la société civile déplore cependant les répétions du slogan de la vision sans toutefois attaquer le taureau par les cornes au démarrage de la vision. « Cette pénurie des devises, du carburant, cette inflation, ces hautes autorités qui ne changent pas, cette corruption, cette ingérence du parti au pouvoir dans toutes les affaires ne donnent vraiment pas l’espoir d’un bon départ à la vision d’un pays émergent dans 15 ans (2040) et pays développé 35 ans (2060), prévient Faustin Ndikumana, Directeur National du Parcem.
De plus, précise Faustin Ndikumana, la commune ne pourra pas visiblement se développer aussi longtemps qu’il n’aura pas été dotée de ressources humaines aux capacités organisationnelles compétentes, d’infrastructures de base, de Capacités financières et juridiques adéquates pour sa gestion presque autonome.
Un pays au déficit de planification ?
Le Directeur national du Parcem crie au retour du ministère de la planification. Alors que beaucoup de visions qu’a eues le Burundi n’ont pas aboutis aux résultats escomptés, certains spécialistes remettent en cause la capacité de planification des concepteurs des visions précédentes. « La culture de planification émanant de la culture statistique est absente chez tous les concepteurs des plans de développement précédemment élaborés », fustige le Professeur Evariste Ngayimpenda. Celui-ci explique que soit les concepteurs ne sont pas en mesures de le faire, soit ils mentent à leur chef. Ce spécialiste retraité s’inquiète beaucoup de voir parler toujours de ce pays où tous seront arrangés alors que l’accessibilité aux briques, aux tôles, fer à béton, du ciment, du carburant et des devises aux nécessiteux devient un casse-tête à la population.
Malgré les échecs et défis, le consultant appelle à tous de faire sien la vision nationale sachant que la réussite sera partagé par tous les burundais comme l’échec sera également national.
Juldas Nduwayezu, Journaliste
