Alors que les difficultés de l’économie du pays se font sentir, les têtes de l’administration publique, Experts, décideurs politiques, activistes de la société civile et partenaires financiers se creusent la tête. Le ministre des finances publiques, du budget et de l’économie numérique propose de passer à la pratique plutôt qu’à la théorie.
Face aux pressions inflationnistes, à la pénurie des devises et du carburant, la Banque de la République du Burundi et le Ministère des finances tentent à tout prix une remise à flot. Lors d’une conférence-débat sur les réformes économiques pour la stabilité macroéconomique du jeudi 14 Août 2025 à Donatus Conférence Center, plusieurs idées tracent un espoir futur à l’économie du pays.
Dans son exposé, le Professeur émérite aux diverses universités des Etats-Unis d’Amérique, Léonce Ndikumana explique les raisons et à quel temps d’entamer des réformes économiques. « Pourquoi ? Le statu quo est intenable et pourquoi maintenant ? Les coûts de l’attente sont énormes et les attentes et les cris du public sont assourdissants », indique le professeur.
Alors que des forums sur l’économie ont eu lieu sans toutefois aboutir au changement visible, certains intervenants s’inquiètent et pensent le Burundi aurait des problèmes particuliers, le professeur Léonce Ndikumana tranquillise. « Les problèmes qu’endure le Burundi, souligne le professeur, ressemble à ce qui a existé en Ethiopie, au Nigéria et ailleurs dans d’autres pays. »
De plus, le professeur et économiste de renom explique que le Burundi présente plusieurs atouts tout comme des déséquilibres. « Malgré les pénuries sur le marché des biens et services essentiels et stratégiques, les pressions persistantes sur le marché de change, les pressions inflationnistes persistantes, le déficit budgétaire élevé, le pays dispose des signes d’accélération de la croissance du PIB réel, la diminution du ratio dette publique et le secteur bancaire reste relativement solide malgré les défis multiples »
A propos de tous les problèmes existants, le professeur Léonce Ngendakumana propose des pistes de solutions. « Il faut seulement stabiliser les prix, le taux de change et stabiliser la dette publique pour trouver des solutions à l’instabilité macroéconomique »,
Le ministre des finances publiques, du budget et de l‘économie numérique annonce les nouvelles règles du jeu
Alors que plusieurs initiatives de réformes élaborées et financées en grande partie par les partenaires au développement n’ont pas abouti, Alain Ndikumana, le ministre des finances publiques, du budget et de l‘économie numériques précise la singularité des nouvelles réformes. « Les nouvelle réformes à mettre en œuvre ne sont pas des réformes de la Banque Mondiale, du Fond Monétaire International, mais des réformes propres du gouvernement », souligne le ministre insistant qu’alors il n’est plus question de la théorie mais qu’il faut être pratique et passer à l’action. Le ministre des finances publiques, du budget et de l’économie numérique ajoute que pour réussir, les décideurs doivent coordonner toutes les interventions nécessaires et appelle les partenaires au développement à adhérer aux réformes pour rendre possible l’opérationnalisation des présentes réformes.
Des réformes, oui mais quel résultat aux citoyens ?
Alors que toutes les réformes envisagées se font dans un langage beaucoup plus technique, la société civile pense aux résultats concrets pour les citoyens. « Si le taux d’inflation arrive à 40%, tout changement de réformes qu’il soit des engrais, de la production, il faut penser au changement par rapport à ce taux d’inflation de façon visible sur le marché car cette inflation est en train de créer une paupérisation inimaginable », indique Faustin Ndikumana, directeur national du Parcem présent au conférence-débat du jour.
De même pour les réserves de changes, l’activiste de la société civile demande comment pourra –t-il se produire un changement si la Banque centrale n’alimente pas suffisamment les banques en devises pour que ces dernières financent les importations réduisant le différentiel de change sur le marché ? Selon Faustin Ndikumana, directeur national du Parcem, il faut analyser, quel est le pourcentage des produits actuellement à partir des devises du marché officiel ? Il appelle à la Banque de la République du Burundi à briser le marché parallèle qui finance en grande partie les importations et à gérer rationnellement les réserves de change dont elle dispose aujourd’hui.
Parlant des produits de première nécessité, le directeur national du Parcem évoque une question cruciale à essayer à tout prix maitriser. « Même si l’on parle des réformes macroéconomiques mais que le citoyen quelconque des jours et des jours pour faire des files d’attente pour avoir du carburant à la pompe, ces réformes économiques auront bel et bien échoué », avertit Faustin Ndikumana, directeur national du Parcem.
Quel itinéraire pour les nouvelles réformes en cours ?
Comparant la situation actuelle de l’économie du pays à un malade en besoin d’une cure pour le traitement, Honorable Martin Nivyabandi, un parlementaire et représentant du parti Cndd-fdd à la conférence débat s’exprime. « Quelles sont trois actions immédiates à mener pour aboutir aux réformes opérationnelles sans pour autant avoir recours à beaucoup d’expertise, de recherche ou de financement ? », demande le parlementaire Martin Nivyabandi, convaincu qu’il faut quand même avoir un point de repère
Sans toutefois reprendre tous les éléments de l’exposé, le professeur Léonce Ndikumana appelle à tous les parlementaires à tout d’abord transmettre convenablement les informations aux citoyens. De plus, le gouvernement doit signaler son engagement à limiter la création monétaire pour financer le déficit.
Le professeur Léonce Ndikumana propose aux décideurs de collecter ces fonds des partenaires au développement. « Il n’est pas raisonnable que le taux de décaissement soit de 20% des fonds de la Banque mondiale. Pourquoi le retard de décaissement si le projet est approuvé, l’équipe du projet est là et les travaux ont commencé d’être exécuté », demande le professeur.
Insistant sur le besoin de responsabilité à tous les Burundais à commencer par le Premier ministre, le professeur Léonce Ndikumana fustige le genre de lenteur existant dans les services publics. L’expert recommande aux représentants du peuple d’y mettre beaucoup du sérieux si réellement, ils veulent avoir des résultats des nouvelles réformes économiques envisagées.
Soucieux de voir les réformes aboutir à la réussite, le professeur Léonce Ndikumana précise que la réussite des réformes exige une coordination des politiques monétaire, fiscal et de change, l’indépendance de la politique monétaire vis-à-vis de la politique fiscale (éviter la dominance fiscale) et des politiques sectorielles pour augmenter la production et la productivité
Juldas Nduwayezu, Juldas
