Le CNDD-FDD s’impose sans partage aux législatives 2025.

Proclamés six jours après le double scrutin du 05 juin 2025, les résultats provisoires de la Commission Electorale Nationale Indépendante laissent tous challengers comme deux ronds de flan. Alors que le Parti CNDD-FDD rafle la quasi-totalité des sièges des conseils communaux et tous les sièges du Parlement, cette victoire écrasante fait couler beaucoup d’encre aux partis politiques comme aux candidats indépendants en lice.

Aussitôt annoncés, les résultats  provisoires du double scrutin du 05 juin 2025 altèrent l’humeur des compétiteurs présents au rendez-vous de la Commission Electorale Nationale Indépendante de proclamation des résultats provisoires. La synthèse nationale des sièges au parlement annoncent un coup de tonnerre. « Le Parti CNDD-FDD obtient tous les 100 sièges dont 23 sièges à Butanyerera, 16 sièges à Buhumuza, 17 Sièges à Burunga, 23 Sièges à Bujumbura et 21 Sièges à Gitega », indique Prosper Ntahorwamiye, Président de la Commission Electorale Nationale Indépendante à la séance de proclamation des résultats provisoires des élections législatives en date du 11 Juin 2025 aux enceintes de la Donatus Conference Center.

Alors que la séance s’achève, plusieurs participants quittent la salle de proclamation des résultats surpris. « Nous sommes entrés dans un gouvernement d’un parti unique », indique certains des leaders des partis politiques. Interrogé sur la possible disparition du multipartisme au profit d’un seul parti, les autorités administratives de la haute sphère du gouvernement du Burundi jugent sans fondement toutes les inquiétudes sur l’avenir du pluralisme politique au Burundi. Le Premier ministre du Burundi Gervais Ndirakobuca apaise les esprits lors de l’émission publique des ministres à Cibitoke répondant aux questions des journalistes et de la population vendredi le 13 juin 2025.

Rejetant toute idée d’un système du parti unique au Burundi, le Premier Ministre Gervais Ndirakobuca déclare que la victoire du Cndd-ddd de tous les sièges au parlement ne vaut pas l’abolition des lois du multipartisme au Burundi. Si les Burundais ont voté pour ce parti cette année, ils pourront élire pour d’autres partis au cours des élections ultérieures, réitère le Premier Ministre assurant que le Burundi reste et restera un pays démocratique où toutes les opinions ont droit de cité.

 Des grognes qui tombent mal

Quelques jours après la proclamation des résultats provisoires du double scrutin par la Commission Électorale Nationale Indépendante, les partis politiques comme certains des candidats ne gardent pas le silence. Déclaration après déclaration, tous les concourants expriment leur point de vue vis-à-vis de l’élection. «  Qu’il y ait  un parti  proclamé à plus de 90% des voix prouve que le scrutin présente quelque part des irrégularités », s’exprime  Jules Manirakiza, candidat indépendant aux élections législatives. Citant les toutes premières élections au Burundi, le candidat indépendant explique si l’ancien président  Melchior Ndadaye ou le Price Louis Rwagasore ressuscitait aujourd’hui, ils témoigneraient n’a pas avoir eu 60% ou 70 %  des suffrages alors qu’il y avait beaucoup de problèmes qui pourraient inciter les burundais à élire massivement.

De plus, les évêques catholiques évoquent des élections avec plusieurs irrégularités. Dans un communiqué sorti un jours après la proclamation par la CENI, la Conférence des Evêques Catholiques du Burundi rapportent des bureaux de vote ont ouvert avant l’heure prévue par la loi, des observateurs et mandataires privés d’entrer au moment où les bureaux de vote étaient ouverts, des électeurs accompagnés jusque dans les isoloirs, des gens qui votaient pour les absents et des observateurs obligés à signer des procès-verbaux ce que ne leur permet pas la loi.

Pourtant, d’autres observateurs rapportent de la bonne tenue des élections. Représentant la Communauté Musulmane du Burundi, Ibrahim Mohamed rapporte que tous les 1894 observateurs déployés sur tout le territoire national n’ont trouvé que rose dans le double scrutin du 05 Juin 2025. « Sauf ceux qui ont déchiré les bulletins de vote, tous  les témoignages de nos observateurs font état d’un scrutin paisible, sécurisé et transparent » fait savoir Ibrahim Mohamed, porte-parole de l’équipe de mandataires déployée aux bureaux de vote par la COMIBU.

Présentes également sur les bureaux de vote de toutes les provinces du Burundi, l’association des  Missions Africaines de Compassion partage le point d’avec ceux qui témoignent de la bonne tenue du double scrutin et appelle les partis politiques et les candidats indépendants à prendre acte des élections législatives et des conseillers communaux  du 05 juin 2025. Alors que certains compétiteurs se plaignent de beaucoup d’irrégularités et tendent à réfuter les élections, le représentant légal de l’association des missions africaines de compassions temporise. « Comment se peut-il que les élections auxquels des compétiteurs militent pour des honneurs et autres intérêts  matériels  peuvent se terminer sans grognes alors que même les supporteurs des équipes de Barcelone et Real Madrid se fâchent et grognent si le match ne se termine pas en faveur de leur équipe préféré bien qu’il n’ont pas d’intérêt, ? », déclare  Aimé Pascal Nduwimana, Représentant légal des Missions Africaines de compassion en date du 13 juin 2025 lors de la déclaration du rapport de la mission déployée dans les différentes provinces et communes du pays pour suivre de près la tenue des élections.

L’administration censure les déclarations contestatrices du scrutin

Alors des déclarations sortent les unes après les autres contestant les résultats des élections, le ministère de l’intérieur, de la sécurité publique et du développement communautaire prévient les hommes politiques qui ambitionnent remettre en cause la volonté du peuple ayant élu pour le parti CNDD-FDD lors des élections législatives et des conseils communaux. « Qu’il n’y ait plus diffusion de communiqués qui peuvent perturber la paix et la sécurité dans le pays », averti Martin Niteretse ministère de l’intérieur, de la sécurité publique et du développement communautaire lors de la conférence de presse le lendemain de la proclamation des résultats provisoires par la commission Électorale Nationale Indépendante. Cette autorité juge d’inopportun les déclarations contestataires des résultats des élections alors qu’ils avaient déployés des mandataires sur les bureaux de vote le jour même du scrutin. Le ministre appelle aux hommes politiques à fournir des identifications des auteurs et des preuves tangibles. Nous sommes disposé, ajoute le ministre à ces éléments de preuves de leurs allégations pour que chaque cas soit traité individuellement.

Face toutes les irrégularités qui se présentent, il n’en reste que  les articles 77, 79 et 80 du code électoral qui tranchent. Ces derniers stipulent que c’est au plutard le neuvième jour que la cour constitutionnelle annonce  la proclamation officielle des résultats du scrutin  à compter le jour de la transmission du rapport par la commission électorale indépendante. « Si les résultats sont marqués par des erreurs purement matériels, la cour constitutionnelle rectifie les résultats erronés mais si   irrégularités ne revêtent pas le caractère d’erreurs purement matérielles de façon à influencer de façon déterminant le résultat scrutin, la cour constitutionnelle  approuve la proclamation officielle des résultats du scrutin.

Juldas Nduwayezu, Journaliste