L’insuffisance du budget ronge considérablement les droits de l’enfant au Burundi. La Commission Nationale Indépendante des Droits de l’Homme plaide pour l’augmentation.
Le Burundi commémore la journée mondiale de l’enfant africain célébrée tous les 16 juin 2025 chaque année trente ans après les massacres des centaines d’enfant à Soweto en République Sud-Africaine. S’exprimant sur la situation des droits de l’enfant au Burundi, la commission nationale Indépendante des Droits de l’homme tire la sonnette d’alarme face à la diminution du budget alloué à la protection des droits de l’enfant. « Le pays fait face au taux élevé d’abandon scolaire et des grossesses précoces en milieu scolaire, des cas de maltraitances, châtiments corporels, le travail des enfants, exploitation économique et des mariages précoces débordent de plus en plus la population », indique Gérard Rugemintwaza, vice-Président de la Commission Nationale Indépendante des Droits de l’Homme jetant le tort aux diminutions du budget alloué aux droits de l’enfant.
De plus, le dignitaire de la commission des droits de l’homme dénonce la situation de plusieurs enfants sous le choc de voir leur droit bafoué à tout instant. Gérard Rugemintwaza évoque le phénomène des enfants de rue, la mendicité, les enfants en conflits avec la loi, manque d’accès équitable à une éducation inclusive surtout pour les enfants handicapés pour avec les filles, la discrimination et stigmatisation des personnes atteint d’albinisme, a-t-il indiqué.
Sans toutefois se contenter d’énumérer les entraves à faire asseoir les droits de l’enfant, la Commission Nationale Indépendante des Droits de l’Homme s’engage à rectifier le tir. « Il faut que toutes les institutions de l’Etat redoublent d’efforts et garantir l’accès à l’éducation, à la santé, à la protection et à la participation pour chaque enfant conformément aux engagements nationaux et internationaux tels la constitution du Burundi, la charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant et la convention des nations unies relatives aux droits de l’enfant », recommande Gérard Rugemintwaza, Vice-Président de la CNIDH.
Le commissaire du CNIDH explique que la commission qu’il représente plaide l’augmentation du budget alloué aux droits de l’enfants , pour la révision du code de la famille et des personnes dans les articles concernant l’enfant el le conseil de la famille. De plus, la Commission Nationale Indépendantes des Droits de l’Homme exhorte les parents, les éducateurs, les leaders communautaires et religieux à promouvoir une culture de respect des droits de l’enfant, signaler chaque fois les abus et agir entant que premier protecteurs des droits des plus jeunes.
Les chiffres concrets sont alarmants
Selon le Bilan de l’Unicef au Burundi, au moins 55,3% des enfants vivent dans des ménages sous le seuil de la pauvreté monétaire fixé à 1.580 BIF par jour et 64 % des enfants sont privés de la nutrition, l’assainissement et la protection, informe Hamady Ba ayant représenté Unicef à l’occasion de la visite effectuée par la Ministre de la Solidarité, des affaires sociales, des droits de la personne humaine et du Genre le 17 Juin 2025 à Ngozi dans la prison où sont incarcérés des femmes.
Dans le cadre de la journée de l’enfant Africain célébrée sous le thème « Planification et budgétisation pour les droits de l’enfant » la ministre Imelde Sabushimike indique que le gouvernement s’engage à renforcer les politiques et les programmes de la promotion et de la protection des droits fondamentaux des droits de l’enfant.
Il convient de souligner qu’en 2024, le montant alloué à la protection de l’enfance au Burundi est de 44,8 milliards de francs burundais (BIF), soit 15,8 millions de dollars américains (USD). Ce montant représente une augmentation par rapport à l’exercice précédent (2022-2023) où il était de 41,6 milliards de BIF (20,19 millions de dollars). Dans ce contexte l’allocation budgétaire pour la protection de l’enfance représente 1,14% du budget de l’État pour 2023/2024, comparativement à 1,7% en 2022/2023. Alors qu’en termes de part du Produit Intérieur Brut (PIB), ces dépenses représentent 0,4% du PIB en 2023/2024.
Juldas nduwayezu
